Une baisse de libido dans le couple est fréquente et le plus souvent passagère : fatigue, stress, routine, conflits, grossesse ou changements hormonaux en sont les causes habituelles. Elle se travaille par le dialogue, le temps à deux et une meilleure hygiène de vie ; si elle dure plusieurs mois, s'accompagne de douleurs ou de souffrance, un avis médical est recommandé pour écarter une cause physique ou un effet de traitement.
Sommaire
Presque tous les couples traversent un jour une période où le désir s'essouffle, chez l'un ou chez les deux. Ce n'est ni rare ni honteux. Comprendre d'où vient cette baisse permet d'agir sur la bonne cause, sans culpabiliser personne.
Qu'appelle-t-on une baisse de libido ?
La libido désigne le désir sexuel : l'envie de sexualité, avec un partenaire ou seul. Elle varie d'une personne à l'autre et, chez une même personne, selon les périodes de la vie. On parle de baisse de libido quand ce désir diminue nettement par rapport à d'habitude.
Deux situations sont à distinguer :
- la baisse individuelle : l'un des partenaires n'a plus envie, quel que soit le contexte ;
- le décalage de désir : les deux ont une libido, mais à des rythmes différents, ce qui crée frustration d'un côté et pression de l'autre.
Dans les deux cas, le problème n'est pas la fréquence en elle-même, mais la souffrance ou les tensions qu'elle provoque.
Les causes les plus fréquentes
Les causes liées au quotidien
- Fatigue et manque de sommeil : c'est l'une des causes les plus courantes. Un corps épuisé met le désir en veille.
- Stress : travail, finances, charge mentale. Le stress prolongé mobilise l'organisme sur d'autres priorités.
- Routine : la prévisibilité émousse le désir, surtout chez les personnes sensibles à la nouveauté.
- Écrans : le téléphone au lit réduit le temps d'intimité et de conversation.
Les causes relationnelles
- conflits non réglés, rancœurs accumulées ;
- manque de tendresse ou de reconnaissance en dehors de la sexualité ;
- sentiment de devoir « faire l'amour par obligation » ;
- difficultés de communication sur les envies et les limites.
Les causes physiques et hormonales
- Grossesse, post-partum et allaitement : les bouleversements hormonaux et la fatigue font souvent chuter le désir, parfois pendant plusieurs mois.
- Ménopause : la baisse des œstrogènes peut entraîner une sécheresse vaginale et des rapports inconfortables, qui pèsent sur l'envie.
- Baisse de testostérone chez l'homme, notamment avec l'âge ou certaines maladies. Notre article sur le taux de testostérone explique comment le mesurer.
- Douleurs pendant les rapports : elles installent une appréhension qui fait fuir le désir.
- Troubles de l'érection ou de l'éjaculation : ils peuvent conduire à éviter les rapports par peur de l'échec. Voir troubles de l'érection, causes et solutions et éjaculation précoce, les solutions.
Les causes médicales et médicamenteuses
- dépression et anxiété, qui touchent directement le désir ;
- certains médicaments, en particulier des antidépresseurs, des contraceptifs hormonaux ou des traitements hormonaux ;
- maladies chroniques (diabète, troubles thyroïdiens, maladies cardiovasculaires) ;
- consommation excessive d'alcool, de tabac ou d'autres substances. L'usage de produits dopants est aussi en cause, comme le rappelle notre article sur les dangers du Dianabol pour la sexualité.
Tableau : causes et premières pistes
| Cause probable | Signes | Première piste |
|---|---|---|
| Fatigue, stress | Baisse globale d'énergie | Sommeil, temps à deux, délégation des tâches |
| Routine | Désir présent au début, puis émoussé | Nouveauté, jeux, changement de cadre |
| Conflit relationnel | Tensions, reproches | Dialogue, thérapie de couple |
| Changements hormonaux | Grossesse, ménopause, âge | Avis médical, lubrifiant, patience |
| Traitement médical | Baisse après le début d'un traitement | En parler au médecin, sans arrêter seul |
| Douleur pendant les rapports | Appréhension, évitement | Consultation gynécologique ou urologique |
Que faire concrètement ?
1. En parler
Le silence entretient les malentendus : le partenaire qui a moins envie culpabilise, l'autre se sent rejeté. Une discussion calme permet de dire que le problème n'est pas l'amour, mais le désir, et que vous cherchez ensemble. Notre article parler de sexualité avec son partenaire propose une méthode.
2. Retirer la pression
Paradoxalement, la pression tue le désir. Décider ensemble d'une période sans objectif de rapport, où l'on se contente de tendresse, de caresses et de massages, aide souvent à retrouver l'envie. Les sexologues utilisent ce type d'exercice, dit de « focalisation sensorielle ».
3. Soigner le quotidien
Dormir davantage, bouger régulièrement, limiter l'alcool, réduire les écrans le soir : ces conseils paraissent banals, mais ils agissent sur l'énergie et l'humeur, donc sur le désir. Pour une approche globale, voir notre article bien-être et santé au naturel.
4. Réintroduire de la nouveauté
Quand l'envie revient doucement, la nouveauté aide à l'entretenir : un week-end à deux, un jeu, une lingerie, un accessoire à partager. Nos guides pour pimenter sa vie de couple et nos jeux coquins pour couple regorgent d'idées. En cas de sécheresse ou d'inconfort, un lubrifiant adapté change souvent beaucoup de choses.
5. Rester prudent avec les « solutions miracles »
Les aliments aphrodisiaques et les plantes pour la libido peuvent accompagner une démarche globale, mais aucun ne remplace un diagnostic. Évitez les compléments vendus en ligne sans composition claire : les autorités sanitaires signalent régulièrement des produits « naturels » contenant des médicaments non déclarés.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si :
- la baisse de désir dure depuis plusieurs mois ;
- elle est apparue brutalement ou après le début d'un traitement ;
- elle s'accompagne de douleurs, de troubles de l'érection, de fatigue intense ou de tristesse persistante ;
- elle crée une souffrance personnelle ou des tensions importantes dans le couple.
Le médecin pourra prescrire un bilan (hormonal, thyroïdien, glycémie) et orienter vers un spécialiste. Un sexologue, un psychologue ou un thérapeute de couple aide lorsque la cause est psychologique ou relationnelle. Il n'y a aucune honte à consulter : la santé sexuelle fait partie de la santé tout court.
Questions fréquentes
Une baisse de libido est-elle forcément un problème ?
Non. Le désir varie naturellement au cours de la vie et d'un couple. Elle devient un sujet quand elle dure, qu'elle fait souffrir la personne concernée ou qu'elle crée des tensions dans le couple.
Certains médicaments peuvent-ils faire baisser la libido ?
Oui. Certains antidépresseurs, des contraceptifs hormonaux, des traitements contre l'hypertension ou des traitements hormonaux sont connus pour agir sur le désir chez certaines personnes. N'arrêtez jamais un traitement de vous-même : parlez-en à votre médecin, qui pourra éventuellement l'adapter.
Les compléments ou aphrodisiaques peuvent-ils aider ?
Aucun aliment ni complément n'a d'effet démontré comparable à un traitement. Certaines plantes font l'objet d'études aux résultats limités. Méfiez-vous des produits vendus en ligne qui promettent des effets spectaculaires : certains contiennent des substances médicamenteuses non déclarées.
Qui consulter en cas de baisse de libido ?
Le médecin généraliste est le premier interlocuteur : il peut rechercher une cause médicale et orienter vers un gynécologue, un urologue, un endocrinologue ou un sexologue. Si la baisse est liée à la relation, une thérapie de couple peut aussi aider.
Comment en parler à son partenaire sans le blesser ?
En expliquant ce que vous ressentez plutôt qu'en cherchant un responsable, en rassurant sur vos sentiments et en proposant de chercher des solutions ensemble. Notre article sur la communication sexuelle dans le couple donne une méthode pas à pas.